Où est le sage ? Où est le docteur de la loi ?
La Bible, première lettre aux Corinthiens chapitre 1, versets 20-21
Où est le raisonneur de ce siècle ?
Dieu n’a-t-il pas rendue folle la sagesse du monde ?
En effet, puisque le monde, par le moyen de la sagesse,
n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient.

Chemins de réflexion
Un grain de folie
Les « sachants » se multiplient : chaque personne veut donner sa graine de sagesse pour dire ce qu’il faut faire ou pas, face à la situation sanitaire. Les dogmes s’affrontent, chacun sûr de lui, se place en juge face à l’autre, comme un détenteur de vérité.
Cette prétendue sagesse qui se veut salvatrice a plutôt tendance à nous dresser les uns contre les autres, les plus grands, les plus forts, les plus sages.
En parallèle, la vie nous rattrape, avec la réalité, notre ignorance par rapport à ce qui est,
nos incertitudes face à l’avenir. Nous sommes juste des témoins de cette humanité et d’une Bonne Nouvelle inimaginable, voire complètement folle dans les temps de crise et de souffrances.
Bien au-delà de cette sagesse glorifiant la vertu des actes bien faits, du respect des règles,
quelle place laissons-nous, en nous et autour de nous, pour recevoir ce grain de folie, d’amour, de confiance qui nous ouvre le chemin de l’espérance et de la vie ? Rémi Droin, To7, Toulouse Ouverture
Quelle place laissons-nous, en nous et autour de nous, pour recevoir ce grain de folie, d’amour, de confiance qui nous ouvre le chemin de l’espérance et de la vie ?
Croire, faire confiance : un acte fou ?
La Bible nous donne deux enseignements très clairs. Le premier, c’est que le respect de Dieu est le commencement de la véritable sagesse. Le second est que, dans sa sagesse, Dieu sauve ceux qui croient simplement à la Bonne Nouvelle, à l’Évangile : Jésus-Christ, par amour pour nous, est mort et ressuscité pour que nous ayons la vie éternelle.
Au temps du Christ, les apôtres savaient très bien que ces paroles qu’ils annonçaient paraissaient folles à ceux qui se croyaient intelligents. Mais ils savaient aussi que c’est par cette « folie » aux yeux des hommes que Dieu a choisi de sauver tous ceux et toutes celles qui placent leur foi dans le Christ.
Les hommes sont restés les mêmes aujourd’hui. Certains se croient « trop intelligents » ou « trop sages » pour croire en l’Évangile. D’autres croient avec simplicité à la Bonne Nouvelle du Christ et vivent de cette vie pleine offerte par Dieu parfois nommée avec ce mot compliqué de « salut ».
Et puis la vie, les rencontres…, certains jours nous sommes sages et d’autres fous !
Puissions-nous oser la folie de la confiance !
Bruno Landais et Mario Holderbaum. Église Tzigane Vie et Lumière
Une sagesse renversante
En caricaturant, je dirais qu’il y a trois sagesses dans notre monde occidental : celle des stoïciens, celle de la société de consommation, et celle de Dieu.
Pour la première, qui connaît un regain d’intérêt, le bonheur vient d’un comportement vertueux : maîtriser ses pulsions, utiliser son esprit pour comprendre le monde, traiter les autres de manière juste et équitable.
Pour la deuxième, le bonheur c’est d’avoir la santé, un job, une maison, un conjoint et des enfants.
La troisième sagesse, celle de Dieu, est renversante. Elle se démarque radicalement des deux premières : le bonheur est à ma portée, même si je suis loin d’être vertueux, ou si je suis pauvre et malade.
Elle se résume en une phrase : « heureux les humbles de cœur, car le Royaume des cieux est à eux ».
Elle inverse nos valeurs : le plus grand aux yeux du monde n’est pas le plus grand aux yeux de Dieu.
Au contraire, Dieu se fait tout proche du plus petit, du plus faible et du plus humble, et donne un bonheur que la sagesse du monde ne peut concevoir.
Christian Tanon, Église Protestante Unie de France
Seigneur,
Me voici ce soir devant toi avec ma tête qui bourdonne de toutes les paroles,
les images et les conseils qui m’ont encore assailli(e) aujourd’hui.
Aide-moi à faire le tri !
Aide-moi à entendre dans ce tumulte les signaux ténus de ta volonté,
les paroles que tu murmures à mon cœur.
C’est ta sagesse que je veux suivre et non celle du monde.
C’est ta paix que je veux recevoir en ces temps troublés, toi qui disait :
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. »
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.