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La Boussole

La Boussole I - 38

Joyeux Noël !

L’ange leur dit : « Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ; et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

La Bible, évangile de Luc, chapitre 2, versets 10 à 12
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa, , Florida, USA

Chemins de réflexion

Joyeux Noël pour ceux qui travaillent

Vous êtes de ceux, peut-être, qui, le soir du 24 et la journée du 25, serez retenus par le travail.
Comment oser vous souhaiter un joyeux Noël, alors que vous serez loin des vôtres ? …
En espérant que vous trouverez un autre jour pour vous retrouver avec eux, car la date du 25 n’est qu’une convention sociale, fruit de notre histoire.
En vous rappelant que ce travail que vous assurez pendant que les autres festoient a nécessairement une utilité sociale et qu’il est au service du bien commun. En prenant le temps d’apprécier ce lien qui vous relie à un plus vaste ensemble et votre part apportée au bien commun. En vous invitant à regarder d’une manière renouvelée celui que vous croisez durant votre temps de service.
Lui, comme vous, appartenez à cette humanité que Dieu vient éclairer à Noël d’une lumière divine, d’une lumière d’amour. Lui, comme vous, portez une infinie dignité.
Ce que vous êtes et que vous faîtes pour lui, devient à sa lumière une étoile qui brille pour les autres.
Denis Heller, Fondation Diaconesses de Reuilly

Ce que vous êtes et que vous faîtes pour lui, devient à sa lumière une étoile qui brille pour les autres

La fête insupportable

Toi qui as perdu cette année un très proche parent, toi qui es cloué/e au lit par la maladie, toi qui n’as plus de quoi même survivre et toi dont la solitude pèse, plus même que l’isolement social, comment peux-tu entendre ces vœux de « Joyeux Noël », vœux de vie triomphante au cœur de la fragilité d’une naissance ?
Ne serait-ce pas « limite indécent » de se réjouir ainsi en ces temps troublés et troubles, alors que certains dans leurs détresses ne supportent plus ces périodes de fêtes ?
Ce nouveau-né est venu dans des temps aussi troubles et troublés, dans la nuit du monde et de l’humanité.
Justement, en ces temps-là, le « N’ayez pas peur ! » du messager de Dieu a proclamé la joie impensable en un tel moment.
Dans la crèche nait l’espérance au cœur du mal, de la souffrance, de l’extrême fragilité de la vie.
Lumière dans la nuit. Pas dans le déni mais dans la proximité, au cœur du vécu que Jésus-Christ vient partager.
Il est proche et signe d’un devenir pour toi, moi, pour nous et le monde.
Pascal Hubscher, Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine

Le Noël des contrastes

Pour les personnes seules « joyeux Noël » ne rime pas toujours avec « bonne nouvelle ».
« Ma sœur, mon frère, fait la fête avec ses enfants et moi je reste seul(e). Les enfants et petits-enfants viendront-ils me voir en cette période de confinement ? »
Le sentiment de solitude devient alors encore plus douloureux.
C’est un peu comme les jours anniversaires de la mort d’un être cher : « C’est plus fort que moi, j’ai le moral à zéro ce jour-là ! »
Ne nous y trompons pas, sur un plan historique, Noël n’est pas juste une bonne nouvelle : la naissance de Jésus a provoqué la jalousie d’Hérode qui a massacré les enfants de Bethléem.
Que de contrastes en ces temps-là ! Douceur d’un enfant et cruauté d’un tyran !
Que de contrastes encore aujourd’hui : joie des uns et tristesse des autres ; avenir sombre pour la planète et espérance d’un monde meilleur.
Quelle espérance ? Espérance qui vient de Dieu en ce jour de Noël.
Espérance d’une mystérieuse présence qui nous visite en toutes circonstances.
Christian Tanon, Église protestante unie de France

Seigneur, tu nous rejoins dans nos solitudes.  
Toi qui es né seul, loin des palais, loin des puissants.
Seigneur, tu nous rejoins, nous qui peinons à trouver notre place.
Toi pour qui il n’y avait pas de place, même le jour de ta naissance.
Seigneur, tu nous rejoins, nous qui parfois nous sentons incompris.
Toi qui a été rejeté, toi qui a fréquenté les exclus.
Oui, en ce temps de Noël, tu nous rejoins,
dans la petitesse et la médiocrité de nos existences,
pour mettre en nos cœurs des rayons de lumière et d’amour.
Tu viens nous faire naître à une vie nouvelle,
élargie aux dimensions de ton espérance.
Amen

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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