Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les autorités, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur.
La Bible, lettre aux Romains chapitre 8, versets 38-39

Chemins de réflexion
Aimer et être aimé
Nous sommes en plein paradoxe : les médias nous parlent sans cesse de la mort, surtout en cette période de pandémie, et en même temps la mort est un sujet tabou dans les familles, entre amis, entre collègues.
Combien de fois n’ai-je pas entendu ce genre de conseil : « ne dites surtout pas à untel qu’il a un cancer non guérissable, cela va le troubler ! »
Or la mort fait partie de la vie.
Nos cellules sont programmées pour s’éteindre.
Entre le déni et l’obsession de la mort, deux excès aussi graves l’un que l’autre, trouvons un juste milieu, ou plutôt « une juste manière de vivre » tout en sachant que notre vie peut nous être reprise à chaque instant.
La réalité de la mort se rappelle à moi lorsque je perds un être cher. C’est alors que je me pose la vraie question : qu’ai-je fait de ma propre vie jusqu’à ce jour, car peut-être demain ne sera plus ?
Je crois que la « juste manière de vivre » est de donner un sens à sa vie, à savoir : « aimer et être aimé ».
N’est-ce pas de cette façon que la mort peut être transcendée ?
Christian Tanon, Église protestante unie de France
Je crois que la « juste manière de vivre » est de donner un sens à sa vie, à savoir : « aimer et être aimé »
Une vie mortelle !
Durant le confinement, les journalistes donnaient chaque soir le nombre de morts dues à la Covid. Ce rappel quotidien nous renvoyait avec brutalité à la réalité de la mort.
Les chiffres pouvaient paraître impressionnants. Mais c’était oublier qu’il y a en France plus de 600 000 morts chaque année, soit une moyenne de plus de 1 600 morts par jour, dont une bonne part malheureusement dues au cancer. C’était oublier que la mort fait partie de notre quotidien même si nous voulons la chasser de notre paysage.
Nos rêves et illusions de toute-puissance, d’invincibilité, d’immortalité, entretenues par un ersatz de science, nous détournent de ce que sont nos existences : fragiles, vulnérables, limitées, dépendantes.
Il est vrai que nos sociétés sacralisent la réussite, la performance, la jeunesse, le corps parfait.
Mais notre condition de créature nous incite à goûter chaque instant, nous apprend à être
humains, nous invite à recevoir la vie comme un don, avec à la source un grand amour. Denis Heller, Fondation Diaconesses de Reuilly
Une solide confiance
Dans la Bible, l’amour de Dieu se trouve au commencement de toute son oeuvre.
C’est l’amour de Dieu pour le monde qui lui fait prononcer sa bénédiction sur le monde, qui lui fait accorder sa faveur pour le monde. C’est l’amour qui donne vie dans le monde.
Pourtant, la vie et la bénédiction de Dieu paraissent bien lointaines face aux souffrances que traverse l’humanité, face à la crise écologique, sanitaire et climatique dont nous commençons à ressentir les effets et dont nous ne connaissons pas encore l’ampleur.
Notre monde est conduit à sa perte du fait de l’avidité des désirs de la nature humaine : recherche de pouvoir, consommation sans limite, recherche de la facilité et de l’immédiateté…
Sans se soucier de l’avenir, sans considérer les conséquences de cette avidité sur notre futur.
Alors, faut-il croire en l’amour de Dieu, source de vie et de bénédiction ?
Dans sa lettre aux chrétiens de Rome, Paul affirme sa solide confiance en l’amour de Dieu pour le monde, un amour que rien ne peut détruire, même aujourd’hui.
Bertrand Marchand, Église protestante unie de France
Seigneur, nous te disons merci pour cette parole qui nous dit combien tu nous aimes : « Rien… pas même la mort, ne nous séparera de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ. »
Merci aussi pour la nuée de témoins, à commencer par l’apôtre Paul, et jusqu’à nous aujourd’hui, qui peuvent dire : « Oui, Dieu a révélé son amour pour moi dans les moments heureux ou malheureux de ma vie. »
Mais aujourd’hui, en cette période troublée, nous ne voyons pas clairement les signes de ton amour.
Parfois nous avons envie de te crier : « Pourquoi laisses-tu faire tant d’injustice, d’oppression, de violence dans le monde ? Ouvre nos yeux, Seigneur, aux signes de ton Royaume qui vient. Renforce en nous cette assurance, cette espérance que l’amour est plus fort que la haine et que la vie est plus forte que la mort. »
Amen
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.