SOUTENIR LA FEP
La Boussole

La Boussole II - 46

Comment répondre à la violence ?

Judas a pris la tête d’une troupe de soldats et de gardes et il vient livrer Jésus.
Alors Simon-Pierre, qui portait un glaive, dégaina et frappa le serviteur du grand prêtre auquel il trancha l’oreille droite ; le nom de ce serviteur était Malchus.

La Bible, Évangile de Jean, chapitre 18 verset 10
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Tampa, Florida, USA – December 10, 2018: Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa

Chemins de réflexion

Désarmer la violence

La montée des violences verbales, qui ne font pas l’objet de statistiques comme les crimes et délits, a de quoi nous inquiéter.
Qu’elles soient liées à la pandémie ou plus généralement au rejet de l’autre, elles nous interpellent : si j’étais moi-même victime de menaces ou de violences, comment réagirais-je ? Jésus, Gandhi, Mandela… ont prôné la non-violence absolue.
Ne pas résister. Tendre l’autre joue… désolé, mais j’en suis incapable !
En outre, ne pas résister à l’agresseur, c’est lui laisser le champ libre pour agresser d’autres après moi.
Peut-être devrais-je apprendre à résister sans haïr et, à l’image du Christ, à détester le péché mais à aimer le pécheur ?
Peut-être devrais-je prier Dieu de pardonner à mon agresseur ?
Pareille attitude, humainement très difficile, ne serait-elle pas un but à atteindre ? Ainsi, comme l’a fait Jésus-Christ il y a deux mille ans en invitant Pierre à ranger son épée, au moment de son arrestation, nous pourrions contribuer à désarmer la spirale de la violence dans le monde. Christian Tanon, pasteur, Église protestante unie de France

Peut-être devrais-je apprendre à résister sans haïr et, à l’image du Christ, à détester le péché mais à aimer le pécheur ?

La force de l’amour

Des gardes en grand nombre sont venus arrêter Jésus dans la nuit avec torches, lanternes, armes : une vraie démonstration de force ! À cette violence symbolique,
Pierre répond par la violence physique en dégainant son épée. Jésus arrête cet engrenage.
Le blessé porte un nom : Malchus. L’ennemi n’est pas une entité abstraite, une masse indistincte.
Ce sont des personnes singulières, avec des histoires de vie, des familles.
À travers Malchus, c’est l’humanité qui est atteinte par le geste de Pierre.
Jésus choisit de répondre autrement à la violence afin de montrer au monde une autre force : la force de l’amour. L’amour produit la vie, la vraie vie qui noue des liens.
La violence est partout dans notre société, même sous les formes les plus banales : tel propos adressé avec agacement, tel geste qui ne prend pas soin de l’autre, tel comportement qui nie ses besoins… Maintenir le lien en considérant l’autre dans son humanité et arriver à dire : « Il est bon que tu vives, que tu sois là », est un défi. Dieu nous a devancés.
Bertrand Marchand, pasteur, Église protestante unie de France

De l’importance de communiquer

La vie en collectivité peut favoriser des comportements agressifs, plus souvent verbaux que physiques heureusement, mais qui sont susceptibles de blesser profondément.
Les résidents des Collines affirment que les agressions verbales créent une tension.
Et vivre en permanence dans un climat tendu est difficile. Les explications sont inévitables et aboutissent, en général, à une réconciliation.
« On essaie de comprendre la réaction de l’autre et ce qui la motive », explique un résident, « et on s’aperçoit qu’il y a souvent de mauvaises interprétations… »
Un autre confie : « Là où je me fais le plus violence, c’est quand je renonce à ma violence ».
Chacun est responsable du maintien d’un climat paisible, et conscient de l’importance de la communication, car quand il n’y a plus de mots à partager, que reste-il ? Des insultes, des coups ?
Les résidents reconnaissent que la dimension spirituelle rassure, protège, réconcilie…
Nous vérifions au quotidien combien cette parole des Proverbes (15.1) est vraie :
« Une réponse douce calme la fureur, mais une parole dure excite la colère. »
Christian Puiroux, directeur de la Maison Les Collines, association AC3, qui accueille des hommes de 18 à 40 ans ayant des difficultés sociales avec conduites addictives.

Seigneur mon Dieu, 
ton commandement d’amour du prochain est magnifique, mais souvent hors de ma portée.
Jésus-Christ, par son exemple, a mis la barre trop haut ! Donne-moi la force de ne pas réagir à la violence par la violence ou la haine. Apprends-moi la douceur et l’humilité, selon que tu as dit à tes disciples : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. »
Et surtout, car j’en ai besoin, fais-moi toujours mieux connaître la force de ton amour pour moi.
Amen
Version à télécharger et imprimable

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

Abonnez-vous pour recevoir la Boussole

Suivez-nous sur les réseaux sociaux