David s’adresse à Dieu :
La Bible, Psaume 8, versets 4 à 6
« Quand je vois le ciel, oeuvre de tes doigts, la lune et les étoiles que tu créas : qu’est donc l’homme pour que tu penses à lui ?
L’être humain pour que tu t’en soucies ?
Tu en as presque fait un dieu :
tu le couronnes de gloire et d’éclat ; tu le fais régner sur les oeuvres de tes mains. »

Chemins de réflexion
Je suis précieux aux yeux de Dieu
Quand mon travail n’est pas reconnu, j’ai mal.
Quand les primes du gouvernement pour les personnels de soin sont données à d’autres que moi, j’ai mal.
Ce sentiment d’injustice accroît ma colère ou me donne envie de quitter !
Alors je m’interroge : à quoi bon ? Quelle est ma valeur?
Aux yeux de Dieu, je vaux quelque chose : je suis précieux (se) à ses yeux !
Le psaume va très loin : « qu’est-ce que l’homme ? … tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, et tu l’as couronné de gloire et de magnificence ».
Ouah! Je ne cherche pourtant pas la gloire, je cherche seulement à être reconnu(e)…
Mais Dieu fait plus que me reconnaître, il pose sur ma tête une couronne, comme s’il me voyait comme un roi ou une reine dans son royaume : que d’honneur !
Je ne l’ai pas méritée cette couronne, mais Dieu me la donne quand même parce qu’il m’aime.
Chers collègues et amis, je vous annonce que j’ai trouvé la fève de Dieu dans sa galette des rois ! Et cette fève, ou cette couronne d’amour, personne ne pourra me l’enlever.
Christian Tanon, pasteur Eglise Protestante Unie de France
Mais Dieu fait plus que me reconnaître, il pose sur ma tête une couronne, comme s’il me voyait comme un roi ou une reine dans son royaume : que d’honneur !
Revenir à l’essentiel !
Suis-je utile ? Quel est mon rôle ? Pourquoi ai-je choisi ce métier ?
Mon travail a-t-il encore du sens pour moi ? Pour les autres ?
Comment réagir face à toutes les revendications de mes contemporains ?
Ces questions se posent à moi tandis que je traverse cette crise sanitaire compliquée.
Ce psaume me redit la grandeur et la fidélité de mon créateur et son amour pour moi.
Comment ce Dieu si grand peut-il penser à moi ?
Dieu me connait, me reconnait, donne sens à ma vie, quelles que soient les circonstances.
Alors je prends courage, je relève la tête pour ne pas me laisser aller vers un mal-être existentiel.
Il me faut revenir à l’essentiel, au plan divin.
Chaque petit pas, chaque petit geste, un sourire derrière un masque, une parole de réconfort envers les autres, donne sens et vie à mon travail.
Oui, je veux garder l’enthousiasme dans mon métier, servir l’autre dans la joie.
Pierre-Jean Soler, Fondation de l’Armée du Salut
Marcher humblement avec son Dieu
Les questions existentielles fondamentales ne sont pas nouvelles.
Nous voyons déjà David se soucier de son état, de son « intérêt » face à Dieu.
Elles peuvent nous pousser en avant, mais le plus souvent elles jaillissent d’une lassitude, d’une fatigue extrême et produisent alors l’inverse.
C’est une tentation qui nous guette tous à certains moments de nos vies.
Et tout particulièrement dans des périodes comme celle que nous vivons actuellement, où le monde tremble, où les peurs se multiplient, où le sens même de verbes comme « vivre », « être » ou « faire » est fortement questionné : à quoi bon ?
Alors c’est justement dans ces moments-là que nous devons à tout prix revenir à l’essentiel, au coeur de ce qui nous fait tenir debout.
J’aime alors me souvenir de ce simple texte biblique qui demeure à mes yeux comme un fondement spirituel mais aussi comme un défi permanent :
« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien. Et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. » (Michée 6.8)
Jean-Luc Gadreau, Fédération des Eglises Evangéliques Baptistes de France
Regarde-moi, Seigneur : j’ai de la peine en ce moment.
Et je ne suis pas le ou la seul(e) !
Mes collègues à l’hôpital, à la maison de retraite ou à l’entraide
se sentent aussi dévalorisés.
Nous donnons de notre temps, de notre énergie, et qui nous récompense ?
Qui nous reconnaît ? Parfois j’ai envie de jeter l’éponge.
Alors je me tourne vers Toi, Seigneur, en espérant une Parole d’encouragement.
Ne me laisse pas tomber dans le cynisme ou le désespoir.
Accorde-moi ta grâce et ta force. Envers et contre tout, éveille en moi l’espérance.
Amen
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.