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La Boussole

La Boussole VII-13

Quelle différence entre espoir et optimisme ?

Quand on voit ce qu’on espère,
on n’appelle plus cela espérer.
Les choses qu’on voit,
est-ce qu’on peut encore les espérer ?

La Bible, Romains, chapitre 8, verset 24b
Confiance et Espérance,
Carole Troclet

Chemins de réflexion

L’espérance demeure

Je vis actuellement dans un pays en guerre.
La dernière guerre au Liban date d’à peine deux ans. Le retour aussi rapide d’une situation chaotique dans ce pays laisse beaucoup sans voix.
L’optimisme n’a plus court parce que la réalité lui tord le cou tous les jours avec son lot de mauvaises nouvelles. Celui qui dit : « Cela va sûrement s’arranger » est vite catalogué soit comme fou soit comme paresseux, peu enclin à s’engager et combattre le malheur, indifférent à la souffrance des autres.
On ne peut plus voir le verre à moitié plein quand celui-ci est franchement vide.
Nous touchons là les limites de l’optimisme qui, selon l’expression de Bernanos, « est une fausse espérance à l’usage des lâches et des imbéciles ».
Il nous reste donc l’espérance pour ne pas définitivement verser dans le fatalisme le plus extrême qui nous ferait penser que tout se produit selon un destin impitoyable.
L’espérance, selon l’apôtre Paul, ne s’appuie pas sur des évidences mais sur ce qui ne se voit pas encore. Comme si l’espérance traversait la réalité sans s’y enfermer, en restant toujours ouverte à un bien possible. Autrement dit, l’homme qui espère peut agir dans un présent détérioré parce que son action porte en elle une préoccupation ultime.
Brice Deymié, pasteur de l’Église protestante française au Liban

Il nous reste donc l’espérance pour ne pas définitivement verser dans le fatalisme.

Un parfum de bonne odeur

C’est tout un art de vivre d’être optimiste au quotidien : se lever du bon pied, garder sa bonne humeur et voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide !
Être optimiste aide à se focaliser sur les solutions plutôt que sur les obstacles, à rester positif malgré la réalité de la vie parfois difficile.
L’espoir possède une dimension supplémentaire : la confiance en la possibilité d’un avenir meilleur. Il permet d’enclencher des actions concrètes et de devenir soi-même acteur de changement positif.
Face à la création en souffrance, telle qu’elle est décrite par l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains, être optimiste permet de voir les personnes qui œuvrent au bien-être de la planète et de ses habitants. L’espoir permet de s’engager soi-même concrètement pour un avenir meilleur pour les générations à venir.
Quant à l’espérance, elle apporte une dimension spirituelle. Nous avons confiance en la délivrance qui est en Christ, en son salut pour la création et son peuple.
Avoir de l’espérance, c’est alors s’engager avec les dons et expertises prodigués par Dieu, pour être sel et lumière, un parfum de bonne odeur autour de soi.
Les exemples sont nombreux : Église verte, A Rocha, l’ACAT, Portes Ouvertes, la FEP, la CIMADE…
Ilena Hatton, aumônier protestant à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle

Optimisme et espoir vont de pair

Je suis optimiste. J’ai longtemps pensé que c’était une belle qualité ! Ça l’est, dans un sens.
Je vois le positif facilement chez les personnes ; dans mon travail d’infirmière, c’est essentiel. Partir des petites choses positives pour apporter une touche de couleur, de douceur ou de chaleur dans une journée parfois maussade sur bien des plans.
Dans mon quotidien, je peux être trop optimiste parfois. J’ai mal géré mon temps. Je vais arriver en retard à mon rendez-vous.
Le stress me gagne, déborde, envahit mon espace, et celui des autres, mais finalement je reprends vite le dessus, je suis optimiste !
Cependant, je me demande ce qu’il en est des autres. De ceux qui ont traversé malgré eux ce moment de stress à mes côtés, mon époux, mes enfants, mes collègues, les résidents. Le tsunami a laissé des traces sur son passage…
En marge de mon optimisme ordinaire, l’espoir demeure, plus grand, plus large, plus profond. Espoir de guérison, de revoir quelqu’un, d’une vie après la mort. L’espoir me plonge dans le cœur d’un tout Autre. J’ai mis ma confiance en lui.
Cet espoir transforme mon quotidien au contact des personnes dont je prends soin et de celles avec qui je vis. Main dans la main, optimisme (mais pessimisme peut-être aussi) et espoir avancent de pair.
Je ne compte plus seulement sur mes capacités ou les circonstances mais sur le secours infaillible d’un plus grand que moi…
Anne Seewald, infirmière, Ehpad Salem à Barr (67)

Seigneur, nous venons à toi avec des cœurs fatigués, 
mais encore habités par l'espérance.
Dans un monde marqué par les conflits,
fais naître en nous une lumière qui ne s'éteint pas.
Que l'espérance ne nous quitte pas et qu'un jour une paix véritable s'installe,
non comme un rêve fragile mais comme une réalité profonde et partagée.
Amen
Légende

Chaque semaine la Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumoniers et acteurs de terrain dialoguent.

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