Nous ne cessions de rire et de lancer des cris de joie.
La Bible, Psaume 126, verset 2

Sophie Jourdan
Chemins de réflexion
Mieux vaut en rire
Le rire, à l’instar de l’art, soulage de la souffrance et décline son caractère
libérateur à proportion du plaisir qu’induit la plaisanterie.
Rire, c’est prendre de l’altitude ; on aménage une distance pour s’élever au-dessus du tragique de l’existence.
Rire c’est se différencier joyeusement de l’objet et du sujet de notre amusement.
Le rire permet ainsi de tourner en dérision les figures d’autorité et d’ouvrir un espace de critique là où la parole directe, brute, serait plus délicate.
Toutes proportions gardées, le rire est un moyen de s’affranchir des oppressions, une arme pacifique mais parfois efficace contre les interdits et la censure.
Rire, c’est prendre congé de la bassesse en s’élevant.
Si le rire nous libère, c’est donc qu’il est aussi cathartique, il nous délivre
des passions tristes. Nous nous esclaffons devant une comédie qui dévoile
les travers humains parce que nous voulons expurger de notre corps la tristesse
et le ressentiment des bas affects qui l’assaillent et le plombent.
Le rire est donc doublement libérateur : il est un moyen de résistance et d’émancipation et peut avantageusement transformer nos angoisses d’être en éclats de joie.
Brice Deymié, pasteur de l’Église protestante française au Liban
Si le rire nous libère, c’est donc qu’il est aussi cathartique, il nous délivre
des passions tristes.
Des bienfaits insoupçonnés
Comme vous je pense, j’apprécie les personnes qui aiment rire. Le rire est une expression de joie de vivre.
Certes, il y a le rire et le rire.
Le rire peut être moqueur, mordant, troublant, ambigu et dès lors avoir des effets négatifs. Il y a aussi le pince-sans-rire,
le rire embarrassé (de préférence jaune), le rire stupide… Mais rire ensemble avec ses amis, en famille… mon Dieu, quel bonheur !
Depuis peu, j’ai sur mon lieu de travail une nouvelle collègue, une religieuse catholique. Elle est pleine d’entrain, d’énergie
et de joie de vivre. Elle aime rire. Nous rions beaucoup ensemble, y compris de nos discordances religieuses.
Nous pratiquons une sorte d’oecuménisme joyeux par le rire et la bonne humeur, sans renoncer à nos convictions et à nos différences.
Nous rions surtout de nous-mêmes ! Il n’y a rien de plus bienfaisant et libérateur !
Rire de soi-même, c’est exprimer avec légèreté, humilité et lucidité : « Je ne suis pas parfait, j’ai mes défauts, je suis humain,
je suis qui je suis, je ne me prends pas pour le centre du monde, je m’accepte tel que je suis avec douceur et humour… »
En religion comme en politique, nous devrions rire un peu plus ! Et pourquoi ne pas rire sur notre lieu de travail ?
Rions surtout de nous-mêmes et pas des autres.
Je suis sûr que c’est une belle et joyeuse manière de rendre le monde un peu meilleur et nos propres vies
plus légères et gaies !
Andreas LOF, aumônier d’hôpital, fondation Les diaconesses de Reuilly
Une arme efficace
Spontané, le rire communique une émotion, le plaisir, la gaieté, la joie et la liberté : je crois qu’il est un don divin.
Le rire rend notre accueil aimable, humain, il favorise le lien social. Il est libérateur – même dans le cas du rire nerveux -,
il peut être contagieux. Je crois que le rire est un « réflexe vital » présent chez tous les individus, de la naissance à la mort.
La journée mondiale du rire est célébrée chaque premier dimanche de mai depuis 1998, à l’initiative du Dr Manda Kataria,
inventeur du yoga du rire. La rigologie, méthode psychocorporelle, nous invite à développer notre joie de vivre pour nous connecter
ou nous reconnecter au meilleur de nous-mêmes et à celui des autres, quelles que soient nos circonstances de vie.
Le rire est très utile en famille, entre amis, à l’école, au travail… Il est précieux dans les secteurs social et médico-social,
au moment des soins, d’un accompagnement vers l’insertion professionnelle, d’une visite en prison…
Un proverbe de la Bible affirme qu’un coeur joyeux est un bon remède. Nous voilà donc équipés d’une arme supplémentaire
dans le cadre de nos accompagnements ! Une arme efficace pour nous et ceux que nous accueillons.
Je prie pour que Dieu m’apprenne à garder un coeur joyeux et à partager généreusement mon rire avec mon prochain.
Qu’il puisse être source de joie, de guérison et d’espoir !
Olivia Andriamasindray, directrice de l’Asad (Association de soins et d’aide à domicile)
à Colmar (68)
Bienheureux ceux qui savent rire d’eux-mêmes : ils n’ont pas fini de s’amuser.
Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d’une taupinière : il leur sera épargné bien des tracas.
Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer et de dormir sans chercher d’excuses : ils deviendront sages.
Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter : ils en apprendront des choses nouvelles.
Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux : ils seront appréciés de leur entourage.
Petites béatitudes de Joseph Fiollet
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.