Priez sans cesse.
La Bible, 1 Thessaloniciens, chapitre 5, verset 17

Little prière,
Marièle Gissinger
Chemins de réflexion
Le présent comme un « maintenant éternel »
La prière n’est pas une distraction spirituelle qui viendrait voiler le réel parce qu’on le jugerait insupportable.
Prier, c’est en quelque sorte revendiquer une présence, présence à soi, aux autres, à ce qui advient. Cette présence ne s’inscrit pas dans la logique des calculs, des projets, des stratégies où tout est moyen en vue d’une fin.
Prier, ce n’est pas demander quelque chose que je n’arrive pas à obtenir par des moyens rationnels. Au contraire, dans la prière, je cesse de manipuler le monde pour qu’il serve mes desseins, je me rends disponible à ce qui m’est donné.
Les Pères du désert l’avaient pressenti, la prière véritable ne demande rien, elle se contente d’être abandon, veille, silence. En priant, je construis aussi le « je » dans le face à face avec un tout Autre qui excède infiniment ma mesure.
La prière est cet espace où je me constitue en répondant, où je découvre que l’identité la plus intime est faite de résonnance.
Le temps de la prière n’est pas celui de la chronologie, le présent qui s’y déploie n’est pas un point abstrait situé entre le passé et l’avenir mais ce que les mystiques appellent le « maintenant éternel », un présent qui ne s’écoule pas mais se recueille.
Brice Deymié, pasteur de l’Église protestante française au Liban
Dans un monde marqué par l’urgence et le culte de la performance, la prière devient repos, respiration, oasis.
Une pause vitale
« Priez, priez matin et soir, ne laissez pas une journée – qu’elle ait été heureuse ou malheureuse – se passer sans prier.
Les jours de désert, priez avec ardeur le Notre-Père », telles sont les paroles d’Albert Schweitzer, prix Nobel de la Paix, né il y a cent cinquante ans.
Dans un monde marqué par l’urgence et le culte de la performance, la prière devient repos, respiration, oasis. Elle est une pause vitale. Une force lorsque des tempêtes déferlent autour de nous, lorsque l’inquiétude et les soucis nous submergent.
La prière booste notre joie. Je peux cependant me retrouver perdue devant la prière. Les plus proches disciples de Jésus l’ont été.
C’est pourquoi il leur a donné le Notre Père. Cette prière me relie aux priants du monde entier.
Laissons-nous surprendre : la prière n’est pas seulement mots. Elle peut être silence, méditation. À chacun selon ses sensibilités.
Ainsi les danses méditatives, conçues sur des musiques très variées, offrent des espaces de liberté et de réconciliation, « prier m’a lavée comme une douce pluie ». Les prières olfactives, quelques mots ou versets sur une petite carte associés à des senteurs, peuvent réconforter des patients alités, « je me suis sentie accompagnée ».
Selon les modes que nous choisissons, ces prières bienfaisantes peuvent être partagées avec toute personne qui le souhaite.
Éliane Wild, aumônier de l’Uepal en retraite
Une connexion précieuse
La prière est un temps dont j’ai besoin pour me ressourcer, loin de l’agitation du quotidien.
Un moment d’échange privilégié avec Dieu où j’apprends à y voir plus clair, à me laisser transformer, à savoir-être.
C’est essentiel pour moi de garder la connexion.
Dans le cadre du travail, il m’arrive de me sentir oppressée par le manque de temps ou d’inspiration. Lorsque je prie, je ressens
une paix surnaturelle ; ma capacité de concentration, ma créativité et ma réactivité sont améliorées.
La prière, à laquelle la participation est libre, tient aussi une place importante au sein de l’équipe. Elle impacte positivement l’ambiance de travail et nous aide à relever nos défis. Chacune de nos décisions peut influencer des vies.
Nous avançons avec foi et détermination.
Je me rappelle un projet d’éducation à Madagascar qui nous tenait à cœur et pour lequel nous avions du mal à trouver les derniers
financements. Un matin, j’ai reçu l’appel d’une femme qui voulait faire un don à notre ONG. Je lui ai présenté cette action spécifique et elle a décidé d’y contribuer à hauteur de 10 000 euros, le montant exact qui manquait pour achever la mission.
Ce n’est pas tous les jours que je suis témoin de miracles comme celui-ci, mais je garde à l’esprit que Dieu reste aux commandes. Je ne suis pas seule à porter la charge qui m’incombe.
Je peux aborder chaque jour avec sérénité.
Ariane Houndeffo, chargée de communication, ADRA France
Oh Dieu je t'invoque !
Aide-moi à prier et à rassembler mes pensées, seul je ne le peux.
En moi tout est sombre mais auprès de toi est la lumière.
Je suis sans courage mais le secours est auprès de toi,
je suis inquiet mais la paix est auprès de toi.
Je ne comprends pas tes voies
mais tu connais pour moi le juste chemin.
Amen.
Prière de Dietrich Bonhoeffer (extrait)
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.