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Regard sur… La journée mondiale des réfugiés

Accueil de l’étranger

Comme chaque année, a eu lieu le 20 juin la journée mondiale des réfugiés. Cette journée, qui a pour but de sensibiliser et d’informer le public, revêtait cette année un caractère particulier du fait de la pandémie mondiale de Covid-19. Elle a donc été marquée par la volonté de mettre en avant l’impact de la crise sur les populations déplacées et migrantes mais également leur implication dans la réponse à la crise sanitaire, notamment durant la période de confinement.

 

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Une multitude d’événements a ainsi été organisée en ligne par les nombreuses organisations investies dans l’accompagnement des personnes exilées, tout au long de la semaine. La FEP a notamment proposé une table ronde en ligne, le 22 juin, sur l’accueil citoyen dans le cadre des couloirs humanitaires, en donnant la parole aux personnes accueillies et aux collectifs d’accueil. Six personnes accueillies et trois membres de collectifs d’accueil ont ainsi pu témoigner des bénéfices de l’accompagnement citoyen dans le parcours d’intégration des personnes réfugiées et pour les communautés d’accueil.

Le premier sujet de préoccupation des personnes accueillies est l’apprentissage de la langue française. Préalable à toute démarche d’intégration, cet apprentissage est aussi source d’angoisse et peut s’avérer très difficile, surtout quand les personnes n’ont pas l’occasion de pratiquer le français dans leur entourage. Selon les témoignages des personnes accueillies, au-delà des cours de français langue étrangère, la présence des membres des collectifs permet de s’exercer à la conversation dans un cadre bienveillant et de progresser plus rapidement.

L’accès au travail, autre levier essentiel d’intégration, est facilité par le réseau créé par le collectif d’accueil, qui accompagne également les personnes dans l’apprentissage des codes liés au travail en France, comme la rédaction d’un CV ou la préparation à un entretien d’embauche.

L’accueil citoyen, comme en témoignent les échanges très riches lors de cette table ronde, est finalement un formidable levier de cohésion sociale, un accueil fraternel qui permet aux personnes accueillies de se sentir mieux intégrées et aux communautés d’accueil de mieux comprendre les difficultés que rencontrent les personnes exilées en France, « c’est une joie de pouvoir les accompagner » comme le soulignait Patrick Maheu.

Enfin, ce fut également l’occasion de mettre en lumière la capacité de résilience des personnes réfugiées durant la crise sanitaire et leur volonté d’aider. Micheline et Basel Ackl ont apporté un très grand soutien à la FEP et ses partenaires pour la traduction et l’interprétariat durant la crise, Khalil et Yomna Sleaby ont distribué des repas dans des EPHAD, Maher Kalala a confectionné des masques pour des associations. Comme le précisait Micheline, pour eux qui ont vécu la guerre et le confinement sous les bombes, cette période de confinement était relativement moins angoissante que ce qu’ils avaient pu connaître dans le passé.

Cette capacité de résilience et cette prise de recul par rapport à la crise que nous traversons peut nous servir d’exemple et nous aider à garder le cap.

Nous n’oublions pas également les personnes exilées, demandeuses d’asile ou déboutées du droit d’asile, qui n’ont pas la chance de pouvoir être accompagnées dans des conditions aussi favorables que celles des couloirs humanitaires et dont la situation de précarité est exacerbée par la crise. C’est pour l’ensemble de ces personnes que la FEP continue à se mobiliser pour demander aux pouvoirs publics des actions fortes de soutien. Personne ne doit être laissé de côté.

Guilhem Mante, coordinateur du programme « Accueil de l’étranger »