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Un collectif d’associations protestantes a invité les candidats aux élections municipales de Lyon à débattre autour de la question du logement

FEP - Rhône-Alpes - Auvergne - Bourgogne
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Beaucoup d’appelés, peu d’élus. Le collectif d’associations protestantes Cop’Ins, en partenariat avec la Fédération de l’entraide protestante et Réforme, a organisé jeudi 13 février, à Lyon, une soirée débat autour des questions de logement. Les candidats aux élections municipales étaient invités à rencontrer et à échanger avec le public : bénévoles, professionnels de l’aide sociale, citoyens… Seuls deux d’entre eux, Zorah Ait Maten, adjointe au logement à la mairie du 7arrondissement, représentant le maire Gérard Collomb, et André Gachet, candidat sur la liste de La gauche unie, étaient présents. Le public, une cinquantaine de personnes, s’est néanmoins montré très engagé.

Après une première partie consacrée aux échanges en groupes thématiques : étudiants et jeunes travailleurs, migrants, sortants de prison, demandeurs d’emploi et personnes en grande précarité, les participants ont été invités à soumettre leurs propositions. À partir de problématiques bien identifiées, les suggestions se sont voulues concrètes : régulariser des personnes sans papier pour leur permettre d’accéder à leurs droits ; développer les systèmes de caution solidaire et encourager les propriétaires privés à faire “un choix social” au moment de désigner un locataire ; légaliser l’occupation de locaux vides, comme le collège Maurice Sève ou la clinique de La Roseraie à Vénissieux, au cœur de polémiques locales ; mieux connaître les différents publics et les informer quant à leurs droits.

Galérer pour son logement fait-il partie du parcours ?
Sur la métropole lyonnaise, comme l’a rappelé dans son introduction le pasteur Christian Bouzy, du Foyer protestant de la Duchère, il y a un logement social pour quatre demandeurs et le délai moyen d’obtention est de deux ans. En 2018, 5215 ménages ont reçu une réponse du Samu social contre 3600 restés sans solution. À Lyon, 58% des jeunes vivent en-dessous du seuil de pauvreté et ne signent leur premier CDI qu’à 27 ans. “C’est comme si galérer quand on est jeune était devenu un rituel de passage, cela fait partie du parcours”, déplore Nadège Durand, directrice d’un foyer de 150 jeunes de l’UCJG-YMCA.

Dans son dernier rapport, la Fondation Abbé Pierre recense dans le Rhône 17 campements, grands squats et bidonvilles (il y en avait 21 au 12/2017) regroupant 360 personnes. Elle souligne aussi une hausse +28,52% de constructions neuves dans le département entre 2017 et 2018. Les obstacles demeurent cependant. “Vous n’imaginez pas le nombre de plaintes que nous recevons quand nous annonçons la construction de logement sociaux de la part des riverains. On veut bien du logement social, mais pas à côté de chez soi”, a regretté Zorah Ait Maten. Face à des problématiques que personne ne peut nier, la mobilisation de l’opinion publique, selon André Gachet, sera essentielle pour faire avancer le débat mais aussi la législation et développer des solutions qui sortent du transitoire pour répondre véritablement aux besoins.

Par Claire Bernole pour Réforme

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